Troisième correspondanceClimat et température
On est dimanche après-midi. Il est près de 3h00. Le ciel est couvert par une bonne couche de cirrus et de gros cumulus qui ont voilé le soleil toute la journée. Le temps est chaud et humide comme avant une tempête. C’est certain qu’il s’en prépare une bonne et qu’elle va nous tomber dessus avant la fin de la journée.
Le Burkina Faso est à cheval sur deux zones géo-climatiques : la « zone soudanaise de type tropical » au sud du pays et la « zone sahélienne » au nord. On retrouve dans ces régions, trois saisons distinctes. La saison sèche et fraîche qui dure 4 mois et qui s’étale d’octobre à février, la saison sèche et chaude de février à juin et la saison pluvieuse ou d’hivernage qui dure de juin à octobre. La durée des saisons est variable de plusieurs semaines selon les années. On remarque aussi aux dires des gens que celles-ci sont également affectées par les changements climatiques. On remarque ça par le nombre de phénomènes climatiques extrêmes que l’on rencontre : périodes de chaleur plus importantes, pluies moins abondantes et régulières, avancée rapide du sahel et de la désertification.
Actuellement, à la mi-août, on est en plein temps fort de la saison des pluies. Le ciel est régulièrement couvert de nuages. La température est habituellement un peu plus fraîche que durant la saison sèche et chaude que l’on vient de passer parce que le soleil est fréquemment caché par les nuages et le vent d’est apporte un peu de fraîcheur du sud ! Mais il reste que le temps reste chaud et humide. Il fait actuellement 32° au thermomètre et l’humidité est pas loin de son maximum. Il ne pleut pas encore, mais on sait que ça s’en vient. C’est suffoquant ! Je dégoûte comme un érable au printemps. On aurait l’impression que je sors de la douche ou de la piscine tellement je suis trempé.
Quand le ciel est dégagé, ça devient très chaud. Il y a encore des pointes à 40°, mais les grosses journées torrides comme on a vécu au mois de mai et où on voyait le thermomètre en haut des 40° à longueur de journée et de nuit, on en voit plus souvent. De ce temps-ci, le ciel est souvent couvert, il fait moins chaud, voire même que les soirées et les nuits peuvent être assez fraîches. Assez pour porter une paire de bas et se couvrir d’une petite veste. On voit souvent des gens, les plus frileux, porter un manteau d’hiver et des tuques sur la tête. Ca me fait toujours rire de voir ça! Mais personne ne s’en plaint. Moi le premier parce que ça dort mieux la nuit.
Aussi, quelque chose de particulier à ici. Les tempêtes ! Elles sont quelque chose ! On les voit arriver de l’est. Un rideau noir menaçant. De très gros cumulo-nimbus comme on en voit à l’occasion par chez-nous et qui sont normalement associés à des vents forts et de fortes pluies. Ils sont comparables, à l’exception qu’ils me semblent encore plus gros ici et qu’ils viennent de l’est. Et ces gros nuages là, on en voit presque à tous les jours. Quand ils ne nous passent pas sur la tête, on les voit passer à coté toujours aussi menaçant avec leurs éclairs et leurs grondements. Et ce, jusqu’au moment où il en arrive un autre et qui nous tombe littéralement dessus. Mais il y a des journées où il ne pleut pas une goutte même si ces gros nuages là nous menacent toujours.
Une tempête se présente normalement ainsi. Le ciel s’obscurcie. Le vent se lève soudainement, violemment et balaie tout d’un bon coup. Un immense nuage de poussière rouge se forme et des centaines de débris de toutes sortes (papiers, feuilles mortes, sacs de plastiques) sont emportés dans le ciel. Les animaux domestiques se mettent à l’abri dans un tintamarre de jappements, de braillements et de meuglements. On entend les tôles des maisons clapoter. Les portes et les fenêtres en métal des maisons claquées contre leurs cadres. Les gens aussi finissent leurs activités et se mettent à l’abri. Tout d’un coup, ça tombe ! Les éclairs et le tonnerre font trembler le sol et les maisons. Et ça tombe dru comme ce n’est pas possible. Un rideau d’eau ! Comme si le ciel nous tombait sur la tête. Des tonnes de chaudières d’eau en même temps. A en boire debout ! Et ça tombe ainsi pendant une période plus ou moins prolongée. Des fois, pendant dix ou quinze minutes. D’autres fois, pendant une heure, voire des heures durant.
Dans certains cas, comme chez-nous, ça peut causer des dégâts importants. Massacrer des champs de culture par exemple. Causer des inondations importantes dans les zones habitées et à risque près des cours d’eau. Détruire des maisons même. Les maisons traditionnelles ici sont faites de terre argileuse et de brindilles de foin recouvert d’un toit en tiges de végétaux. Ces maisons là sont assez fragiles et en viennent à s’effriter avec l’eau, le vent et le temps. Semble-t-il que l’année dernière a été une année catastrophique pour les gens d’ici. Plusieurs personnes sont mortes emportées par de forts courants en essayant de traverser des rivières nouvellement formées par des pluies diluviennes pour rejoindre leurs maisons. De grosses rivières se sont formées où il n’y en a pas normalement emportant avec eux maisons et automobiles. Des dangers en somme important à considérer
Pendant la pluie tout est arrêté. Les gens restent où ils sont et ne bougent plus. Souvent il manque d’électricité pendant la durée de la pluie. Certainement qu’il coupent le courant pour éviter d’endommager les installations électriques. Tout est paralysé. Plus rien ne bouge. Tout le monde attend que la pluie cesse. Rien d’autre à faire. Des fois c’est long ! Dans le jour, on peut toujours trouver de quoi à faire. Mais le soir, à la noirceur, il n’y a rien à faire ! Et le temps parait long.
