dimanche 17 août 2008

Troisième correspondance. Climat et température.

Troisième correspondance
Climat et température

On est dimanche après-midi. Il est près de 3h00. Le ciel est couvert par une bonne couche de cirrus et de gros cumulus qui ont voilé le soleil toute la journée. Le temps est chaud et humide comme avant une tempête. C’est certain qu’il s’en prépare une bonne et qu’elle va nous tomber dessus avant la fin de la journée.

Le Burkina Faso est à cheval sur deux zones géo-climatiques : la « zone soudanaise de type tropical » au sud du pays et la « zone sahélienne » au nord. On retrouve dans ces régions, trois saisons distinctes. La saison sèche et fraîche qui dure 4 mois et qui s’étale d’octobre à février, la saison sèche et chaude de février à juin et la saison pluvieuse ou d’hivernage qui dure de juin à octobre. La durée des saisons est variable de plusieurs semaines selon les années. On remarque aussi aux dires des gens que celles-ci sont également affectées par les changements climatiques. On remarque ça par le nombre de phénomènes climatiques extrêmes que l’on rencontre : périodes de chaleur plus importantes, pluies moins abondantes et régulières, avancée rapide du sahel et de la désertification.

Actuellement, à la mi-août, on est en plein temps fort de la saison des pluies. Le ciel est régulièrement couvert de nuages. La température est habituellement un peu plus fraîche que durant la saison sèche et chaude que l’on vient de passer parce que le soleil est fréquemment caché par les nuages et le vent d’est apporte un peu de fraîcheur du sud ! Mais il reste que le temps reste chaud et humide. Il fait actuellement 32° au thermomètre et l’humidité est pas loin de son maximum. Il ne pleut pas encore, mais on sait que ça s’en vient. C’est suffoquant ! Je dégoûte comme un érable au printemps. On aurait l’impression que je sors de la douche ou de la piscine tellement je suis trempé.

Quand le ciel est dégagé, ça devient très chaud. Il y a encore des pointes à 40°, mais les grosses journées torrides comme on a vécu au mois de mai et où on voyait le thermomètre en haut des 40° à longueur de journée et de nuit, on en voit plus souvent. De ce temps-ci, le ciel est souvent couvert, il fait moins chaud, voire même que les soirées et les nuits peuvent être assez fraîches. Assez pour porter une paire de bas et se couvrir d’une petite veste. On voit souvent des gens, les plus frileux, porter un manteau d’hiver et des tuques sur la tête. Ca me fait toujours rire de voir ça! Mais personne ne s’en plaint. Moi le premier parce que ça dort mieux la nuit.

Aussi, quelque chose de particulier à ici. Les tempêtes ! Elles sont quelque chose ! On les voit arriver de l’est. Un rideau noir menaçant. De très gros cumulo-nimbus comme on en voit à l’occasion par chez-nous et qui sont normalement associés à des vents forts et de fortes pluies. Ils sont comparables, à l’exception qu’ils me semblent encore plus gros ici et qu’ils viennent de l’est. Et ces gros nuages là, on en voit presque à tous les jours. Quand ils ne nous passent pas sur la tête, on les voit passer à coté toujours aussi menaçant avec leurs éclairs et leurs grondements. Et ce, jusqu’au moment où il en arrive un autre et qui nous tombe littéralement dessus. Mais il y a des journées où il ne pleut pas une goutte même si ces gros nuages là nous menacent toujours.

Une tempête se présente normalement ainsi. Le ciel s’obscurcie. Le vent se lève soudainement, violemment et balaie tout d’un bon coup. Un immense nuage de poussière rouge se forme et des centaines de débris de toutes sortes (papiers, feuilles mortes, sacs de plastiques) sont emportés dans le ciel. Les animaux domestiques se mettent à l’abri dans un tintamarre de jappements, de braillements et de meuglements. On entend les tôles des maisons clapoter. Les portes et les fenêtres en métal des maisons claquées contre leurs cadres. Les gens aussi finissent leurs activités et se mettent à l’abri. Tout d’un coup, ça tombe ! Les éclairs et le tonnerre font trembler le sol et les maisons. Et ça tombe dru comme ce n’est pas possible. Un rideau d’eau ! Comme si le ciel nous tombait sur la tête. Des tonnes de chaudières d’eau en même temps. A en boire debout ! Et ça tombe ainsi pendant une période plus ou moins prolongée. Des fois, pendant dix ou quinze minutes. D’autres fois, pendant une heure, voire des heures durant.

Dans certains cas, comme chez-nous, ça peut causer des dégâts importants. Massacrer des champs de culture par exemple. Causer des inondations importantes dans les zones habitées et à risque près des cours d’eau. Détruire des maisons même. Les maisons traditionnelles ici sont faites de terre argileuse et de brindilles de foin recouvert d’un toit en tiges de végétaux. Ces maisons là sont assez fragiles et en viennent à s’effriter avec l’eau, le vent et le temps. Semble-t-il que l’année dernière a été une année catastrophique pour les gens d’ici. Plusieurs personnes sont mortes emportées par de forts courants en essayant de traverser des rivières nouvellement formées par des pluies diluviennes pour rejoindre leurs maisons. De grosses rivières se sont formées où il n’y en a pas normalement emportant avec eux maisons et automobiles. Des dangers en somme important à considérer

Pendant la pluie tout est arrêté. Les gens restent où ils sont et ne bougent plus. Souvent il manque d’électricité pendant la durée de la pluie. Certainement qu’il coupent le courant pour éviter d’endommager les installations électriques. Tout est paralysé. Plus rien ne bouge. Tout le monde attend que la pluie cesse. Rien d’autre à faire. Des fois c’est long ! Dans le jour, on peut toujours trouver de quoi à faire. Mais le soir, à la noirceur, il n’y a rien à faire ! Et le temps parait long.

dimanche 10 août 2008

Deuxième correspondance. Bobos et état d'âme.

Ca fait déjà trois mois que je suis en Afrique! Terrible, comment le temps passe vite! Les journées, les semaines, les mois défilent sans trop que l’on s’en rendre compte. On est absorbé par nos affaires quotidiennes et quand on se lève la tête et prenons le temps de regarder autour de nous, on s’aperçoit que la terre a tournée, que des choses ont changé.

Deux fois par jour, matin et soir, je vais faire le tour de mon jardin. Un petit jardin que j’ai fait dans un coin de la cour. Pas ben grand : 10X20 pieds. Ca ne fait pas longtemps que je l’ai semé, et pourtant ! C’est impressionnant comment il a changé en peu de temps. Mais qu’est-ce que ça pousse vite! Il y a à peine un mois et demie que je l’ai semé et je commence déjà à manger des tomates. Je mange de la laitue et des épinards depuis la semaine dernière et je devrais avoir des carottes et des petits oignons dès la prochaine semaine .

Quand je pense à ça, les semaines ont défilé et je trouve que j’ai été pas mal négligent à l’endroit de mon jardin d’humains. Je n’ai pas pris beaucoup de temps pour m’en occuper. Je ne suis pas trop dans une phase d’écriture et de correspondance de ce temps là, faut croire ! Les semaines passent vite. Les journées sont bien remplies. Le travail ne manque pas. Et j’en oublie de m’occuper des miens.

Aussi, ça va dans l’ensemble bien pour moi! En fait, je dirais plutôt de mieux en mieux pour moi de ce temps là. Parce que j’ai passé une période plutôt difficile les dernières semaines. Mais je commence à m'en sortir. J’ai changé de pilule! Je remonte du creux de la vague ! A la formation pré-départ que l'on a reçu, on disait qu’après quelques mois de vie en pays étranger, il était fréquent que l'on passe une période creuse. Ca fait partie de l'acclimatation, disait-on! Méchante acclimatation ! Tout allait mal. Mon ordinateur qui se plante. Je perdais par le fait même mon nouvel accès à internet. Ca ne marchait pas bien avec le groupe de jeunes avec qui je travaille ! Des problèmes avec ma nouvelle moto. La mobylette que mon ami/chauffeur/guide/garde du corps Cubain m’a prêtée, me laissait continuellement sur le bord du chemin. Mon téléphone cellulaire ne fonctionnait pas. J’ai prêté de l’argent à des gens et ils ne m’ont pas remboursé! Un couple de petites arnaques avec ça! Bref, une période pas facile ! Décourageante et désorganisante au bout !Ce rajoute à ça, un problème d’effets secondaires avec mes médicaments anti-malaria. J’ai consulté et tout porte à croire que mes comprimés de "chlorhydrate de méfloquine" que je prend une fois par semaine, ont une incidence sur mon humeur et mes capacités physiques et cérébrales ! Déjà que ce n’était pas fort! C’est devenu avec les semaines, encore pire. Fatigue, manque d’énergie, problème de sommeil, blancs de mémoire, irritation de l’humeur, malaises et étourdissements, problèmes intestinaux et perte du goût pour la bière…C’est pour dire ! Bref, je ne me sentais vraiment pas bien dans mon assiette!

Aussi, j’ai eu un petit accident, il y a près d’un mois de cela, en tentant de démarrer ma moto. Je me suis foulé une cheville sur un retour de «kick». Rien de très grave jusqu’au moment où Adrien, mon propriétaire et ami m’a fait rencontrer un « ramancheur ». Une sorte de pseudo-physiothérapeute traditionnel. Aoutch ! J’avais de l’enflure sur la droite de ma cheville droite. Après un massage que je qualifierai de « sado-torride », l’enflure était rendue à gauche de ma cheville. Les trois massages, un à tout les deux jours, ont fait tellement mal, que j’ai craint de retrouver mon enflure au genou ou sur ma cheville gauche ! C’est devenu tout bleu et j’ai été pratiquement un mois avant que ça guérisse. Au lieu de lui donner du bois de chauffage comme le veux la coutume (Parce qu’il ne demande pas d’argent comme les guérisseurs de part che-nous.), je pense que je vais lui « gosser » une paire de béquilles pour qu’il puisse la prêter aux prochains. Avec un mode d’emploi et les choses à faire en cas de foulure.

Finalement tout commence à rentrer dans l’ordre. Je me suis trouvé un nouvel ordinateur, un penthium IV qui fonctionne très bien. Il est rapide et de bogue pas pour rien. Ma cheville est rétablie. Ma mobylette ne me laisse plus tombé… J'la reprend pus ! Ma moto va aussi bien. Et mon téléphone s’est remis a fonctionner sans que je ne sache pourquoi. Peut-être un question d’humidité ? Reste quelques petits détails à régler avec les gens de mon entourage et ça ira mieux.

Pour finalement dire que malgré les petits ennuis, mes petits problèmes, je m’en sors assez bien et je peux dire que je « trippe » pas mal à faire ce que je fais ici. Je suis entouré de bonnes personnes. Aussi, à me comparer avec les gens d’ici, je peux dire que mes petits bobos, mes petits problèmes me semblent bien futiles.

Les questions du genre ! Qu’est-ce que l’on mange aujourd’hui? Qu’est-ce que l’on fait de notre journée? Qu’est-ce que l’on fait la semaine prochaine ? Qu’est-ce que l’on fait de nos vacances? Est-ce que l’on se loue un DVD ou on va au cinéma ? Ces questions n’ont pas la même connotation ni la même portée pour nous et pour eux. Il y en a qui ne se posent même pas comme question. Des raisons de culture et aussi de préoccupations ! Il y a des jeunes avec qui je travaille qui se posent plutôt des questions du genre. Est-ce que je vais manger aujourd’hui ? Comment vais-je trouver l’argent pour manger ? Qui pourrait me donner à manger ? Mais ils réussissent finalement tous à manger, malgré qu’ils restent toujours sur leur faim. Après avoir manger leur bol de riz gras, je me demande bien qu’est-ce qu’ils peuvent bien avoir en tête, comme nouvelles questions ?

Ca pourrait faire l’objet de ma prochaine correspondance ! Je vous reviens là-dessus.

jeudi 31 juillet 2008

Première correspondance

Bienvenue chez-moi!

Mon chez-moi à moi! Un endroit que je veux joyeux et accueillant, où il fait bon vivre, où on peut avoir du plaisir et rire. Un lieu depuis lequel, je prend contact avec les gens que j'aime . Un endroit virtuel où je vis et d'où je peux partager mon quotidien, mes expériences et découvertes. Un peu comme si j'étais à la maison et parmi vous!

Je voyais plusieurs avantages à ce moyen de communication. D'abord, c'est in! C'est cool! C'est moderne! C'est aussi un bon moyen de partager rapidement, simplement, directement. Tu peux envoyer des messages; insérer des photos ou des vidéos; correspondre live. Ecrire, archiver, modifier, expédier... Facile dans le fond! Et ça fait plaisir à tout le monde!Reste seulement à bien faire ça et à savoir comment ça fonctionne! Pas nécessairement facile!

Aussi, ça pris du temps avant que j'en arrive à le créer ce blogue là! Pas facile en Afrique de réussir à faire ça! On dirait que tout ce met en place pour faire en sorte que ça soit difficile. Quand ce n'est pas l'ordinateur qui tombe en passe, c'est le serveur internet. Quand ce n'est pas la panne électrique, c'est la panne tout court ou l'orage diluvien qui te tombe dessus. Pas facile! Pas facile! Aussi, il ne faut pas oublier le reste: la chaleur accablante; l'humidité des journées pluvieuses, de la visite qui t'arrive à l'improviste; des problèmes intestinaux qui t'arrivent aussi à l'improviste... Et quoi encore! Bref, plein d'imprévus qui font en sorte que les projets ne se réalisent pas toujours aussi facilement et rapidement qu'on le voudrait.

Aussi, je me suis donné comme projet d'écrire au moins une page de nouvelles par semaine et que je laisserai sur le blogue . On y retrouvera un peu de tout: mes expériences, mes réflexions personnelles, mes états d'âme, des anecdotes, des photos, peut-être même de petits vidéos. En espérant que tout ça puisse bien vous retransmettre bien ce que je vis au quotidien.

Je vous laisse là-dessus en vous laissant le plaisir de découvrir, de semaine en semaine, de mes nouvelles aventures.

Surtout gênez-vous pas pour me donner de vos nouvelles et de laisser vos commentaires!



Bienvenue à la maison.

Clément d'Afrique